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vifs silencesdes mots traversés

le chant de la fleur

la fleur enfouie blanche inodore s’ouvre

ni hasard ni nécessité

juste un grand peut-être

dans le recommencement sans fin du geste forgé au puits de l’être

fleur des inlassables femmes hommes connus ou obscurs à jamais d’heure en heure à l’œuvre

fleur éclipse

jamais ne se fane surgit échappe reparaît sur le lent sentier incessant

floraison permanente

floraison intime de la vie qui se vit par elle-même et ne cherche pas pourquoi elle vit

vie sans souci d’un moi ni d’un pourquoi vie qui fleurit parce qu’elle fleurit, n’a souci d’elle-même, ne désire être vue (Angelus Silesius)

grand silence de l’idée d’un soi

vie dédiée aux multiples interactions des êtres, des choses des plantes, montagnes, eaux

vision vivace de la grande dynamique perpétuelle qui produit la diversité infinie, l’entrelacement des êtres et des événements

résonances multiples et changeantes entre tout ce qui est a été et sera

je est une feuille de papier

La véritable personne n’est pas quelqu’un de particulier. Comme le bleu profond du ciel sans limites, c’est tout le monde, partout dans le monde. (Dōgen Zenji)

Une feuille de papier. Dans sa blancheur, mille choses. Un arbre, la terre, le soleil, la pluie, l’absence de foudre, le bûcheron, ses parents, les yeux qui voient la feuille, et toi qui lis ceci… et plus profondément, en tout ce qui est des atomes, des particules, des champs d’énergie…

Alors où est le papier ? Dans le mot. Fondamentalement, pas de papier, que des circonstances, des relations, de l’inter-être, et de l’inter-agir.

Le fait est que cette feuille est uniquement constituée d’éléments non-papier. (Thich Nhat Hanh) –et pourtant, il y a mille sortes de papier… velours, gaufré, vélin,…

Vacuité de la forme, forme de la vacuité.

Ainsi va le monde différentes formes différentes temporalités – même principe dynamique d’émergences circonstancielles.

Ces assemblages et désassemblages sans cesse opèrent pour faire et défaire toute chose tout être.

sous la neige, les mots

Leur regard se posera-t-il sur Les pétales des mots que je prononce Animés et libérés par la brise printanière, Comme si c’étaient les notes Du chant d’une fleur ? (Dōgen Zenji)

Dans le grand silence blanc, résonne le chant d’une fleur. Les mots libérés de leur enveloppe de gel vibrent un instant dans l’immense corps et retournent à l’ineffable.

Durant la nuit, une fine pluie est tombée sur les fleurs, et maintenant, une eau parfumée coule partout dans la citadelle. Telle est l’intimité intime ! (Dōgen Zenji)

...texte en écriture...

bientôt…