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au bord de la vie

en ce dernier lieu de vie la mort si proche pourtant insaisissable

ensemble recevoir l’irrecevable

les corps devenus lits frêles refuges peuplés de regards nus

rivage où les souffrances se déploient se replient

le mal avance aveugle attaque de quel ennemi

porte de la chambre ouverte l’oreille dans la vie

porte fermée solitude d’arbre en hiver

les liens aux proches fils enchevêtrés parfois une belle ligne nue

parler parler parler mine de rien dégorger le mal

sous ma paume un froid inconnu déjà irréversible

bouche en furie corps en volcan seul le regard en lien

seul mouvement, le souffle ses yeux agrippés au bord de la vie frêle blancheur s’évide

feu noir de ses yeux sa parole animale ma voix, un filet d’eau

il taille sa maladie mots froids arêtes coupantes débusquer un sens

sa main dans la mienne s’élance en son creux elle, petite fille

il dit sa vie belle sa mort se mêle lui, oscille………… il dit encore sa passion des trains …vous voyez ?…là……………………… c’est la locomotive Crocodile…………… …elle peut tirer un train sur des pentes très raides………………………… ………….…el Tren de las Nubes………….. le train des nuages…………….. ……………………………………………. …………quand elle se met en marche… on entend l’acier…les roues sur les rails……. ………………………….. et leurs tiges qui montent descendent… remontent………………………………… ………………………………………………… …vous sentez le roulis ?…………. ……………………………………

…………aux virages elle siffle…………… …ou au sommet d’un raidillon……… …………….plusieurs petits coups………. ou longuement……….. …………………………………………….. …………………………………………… ….et en arrivant à la gare…………….. ………tout ralentit…… …………………………………………… ………………on entend l’air des cylindres qui relâchent…………………. ……………………………… ……….et le train qui s’immobilise

la vie perce chaque instant jusqu’au dernier

souvent la dernière vague déplie la souffrance visage délié

lits

îlots barques